E...comme enfant et séparation

Lorsque je travaillais avec des groupes d’enfants dont les parents sont séparés, j’ai souvent lu des chapitres de ce très joli livre. Chaque famille vit une séparation, mais elle est différente chez chacun. Et je ne résiste pas à vous faire partager un des passages qui faisaient toujours beaucoup rire les enfants (un rire un peu jaune parfois…)


« Mon histoire n’est pas une tragédie, dit-il (Ralph) […]. Mais elle est compliquée, alors il faut que vous soyez très attentifs. […] J’ai deux frères, deux demi-frères, une demi-sœur, trois frères par alliance, une sœur par alliance et trois belles-mères - c’est-à-dire deux ex et une actuelle – un beau-père, deux belles grands-mères, un beau grand-père, et d’autres encore que je ne connais pas. Et, dans quelques jours, quand Flora mettra au monde son bébé, j’aurai une nouvelle demi-sœur.

Il s’interrompit, l’air stupéfait : il restait deux doigts levés alors qu’il avait fini son énumération.

- Ah, oui ! dit-il. J’ai aussi un père et une mère.

Satisfait, il poursuivit :

- Le lundi et le mardi, je vais directement chez mon père après les cours. Et un week-end sur deux, ma mère m’y accompagne, sauf si ça tombe le troisième samedi du mois, auquel cas elle doit aller chez le coiffeur et c’est mon beau-père qui m’emmène. Il s’appelle Howard.

Il regarda les autres pour vérifier qu’ils suivaient.

- Le mardi, le mercredi et le vendredi, je rentre directement chez ma mère, sauf si on n’a pas pu s’arranger pour le week-end suivant (quand c’est le tour de mon père). Dans ces cas-là je suis censé aller chez lui à la place pour rattraper, sauf si ça tombe un mercredi. Parce que, vous voyez, j’ai répétition d’orchestre le jeudi matin, et ma trompette n’est jamais chez mon père, sauf, bien sûr, si la date du concert approche, avec les répétitions le dimanche et que j’ai justement passé le dimanche d’avant chez mon père. […]

- Comment fais-tu pour te souvenir où tu dois aller à chaque fois ? demanda Claudia. Tu dois être un génie pour réussir à t’y retrouver.

- Je me suis beaucoup trompé au début, leur dit Ralph gaiement. Presque tous les jours, je me présentais à la porte d’une maison et il n’y avait personne pour m’accueillir. Je ne savais pas si je devais rester assis sur le paillasson à attendre, ou aller à l’autre maison. Alors ils ont eu l’idée de m’acheter de nouvelles mallettes pour mon goûter : deux avec Mickey et deux autres avec Pluto.

- En quoi ça t’a aidé ?

- Facile, dit Ralph. « P » comme Pluto et comme papa, « M » comme Mickey et comme maman. Si je ne me rappelais plus où je devais aller, je n’avais qu’à regarder ma mallette. » (p.117 à 119).


Il s’agit bien sûr d’un roman, mais nous savons que parfois la réalité dépasse la fiction !!! Ce qui est intéressant dans ce passage c’est de constater l’entraide et la communication que les parents de Ralph ont entre eux. Ainsi, malgré une situation familiale assez compliquée, Ralph s’en sort très bien !

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Danielle Jaques

Tél: +41 (0)79 312 45 62

E-mail: info@enfantcouplefamille.ch

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